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Changements fiscaux fédéraux 2025 : Fin de l'exemption d'importation des véhicules électriques et route vers la tarification de la mobilité 2030

Federal Department of the Environment, Transport, Energy and Communications
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Changements fiscaux fédéraux 2025 : Fin de l'exemption d'importation des véhicules électriques et route vers la tarification de la mobilité 2030
Le gouvernement fédéral élimine l'exemption fiscale d'importation des VE à partir de janvier 2024, normalisant les véhicules électriques comme biens standard tout en consultant sur les mécanismes de tarification de la mobilité pour 2030 afin de remplacer les recettes fiscales pétrolières déclinantes.

Le gouvernement fédéral suisse a mis en place un changement politique significatif affectant l'ensemble du marché des véhicules électriques, marquant la fin du traitement préférentiel des VE dans le régime fiscal d'importation. Ce changement, effectif au 1er janvier 2024, représente une normalisation des véhicules électriques dans le cadre plus large de la fiscalité automobile.

La fin de l'exemption fiscale d'importation

Depuis le 1er janvier 2024, le gouvernement fédéral applique la taxe automobile standard de 4% aux importations de véhicules électriques, une taxe dont ils étaient auparavant exemptés. Ce changement politique augmente effectivement le prix d'achat initial des VE, signalant l'intention de la Confédération de normaliser les véhicules électriques comme biens marchands standard plutôt que comme technologie subventionnée.

Impact sur les prix des véhicules

La suppression de cette exemption signifie que les véhicules électriques importés font désormais face à la même taxe fédérale de 4% que les automobiles conventionnelles. Pour une Tesla Model 3 importée d'Allemagne, cela ajoute environ CHF 2 000-3 000 au prix d'achat, selon le coût de base du véhicule.

Raisonnement politique

La décision du gouvernement fédéral reflète une approche de marché en maturation. Alors que les taux d'adoption des VE augmentent et que les coûts de production diminuent, la justification d'un traitement préférentiel continu diminue. Ce changement aligne la politique fédérale suisse sur les normes internationales où les véhicules électriques sont traités comme biens de consommation standard.

L'horizon de la tarification de la mobilité 2030

La force motrice derrière le changement fiscal d'importation est l'érosion structurelle du Fonds national pour les routes et le trafic d'agglomération (NAF). Alors que la flotte s'électrifie, les recettes de la taxe sur les huiles minérales (droits sur l'essence/le diesel) s'effondrent à un rythme accéléré.

La crise des recettes

La taxe sur les huiles minérales a historiquement fourni la majorité du financement de l'infrastructure routière étendue de la Suisse. Cependant, avec la part de marché des véhicules électriques projetée à 30-40% d'ici 2030, ce flux de recettes devient insoutenable. Le gouvernement fédéral estime que les recettes fiscales traditionnelles sur les carburants pourraient diminuer de 40-60% au cours de la prochaine décennie.

Consultation sur les mécanismes de remplacement

Le Conseil fédéral consulte activement sur un modèle de financement de remplacement, ciblé pour la mise en œuvre d'ici 2030. Deux mécanismes principaux sont à l'étude :

Taxe au kilomètre

Un système payeur-utilisateur suivant la distance parcourue, potentiellement mis en œuvre par surveillance GPS ou lectures de compteur kilométrique. Cela assurerait que tous les usagers de la route contribuent en fonction de l'utilisation réelle de l'infrastructure plutôt que de la consommation de carburant.

Taxe spécifique sur l'électricité

Une majoration sur le courant utilisé pour la recharge des véhicules, estimée à environ 22,8 centimes/kWh. Cela capturerait les recettes de la recharge des véhicules électriques tout en incitant potentiellement la recharge hors pointe pour équilibrer les charges du réseau.

Calendrier de mise en œuvre

Le processus de consultation devrait se conclure en 2026, suivi de la mise en œuvre législative en 2027-2028. Le déploiement complet du nouveau système est prévu pour le 1er janvier 2030, fournissant une période de transition de dix ans pour le développement des infrastructures et l'acceptation publique.

Implications cantonales

Jusqu'à ce que la solution nationale soit ratifiée, les cantons sont forcés d'implémenter des mesures provisoires - principalement la réintégration des VE dans l'assiette fiscale via des formules basées sur le poids - pour protéger leurs budgets d'entretien routier.

Étude de cas : La position précaire de Zurich

L'exemption fiscale actuelle de 100% pour les VE de Zurich, bien que politiquement populaire, a créé un déficit de recettes dans le fonds routier cantonal. L'abolition potentielle de cette exemption illustre la tension entre l'ambition environnementale et la responsabilité fiscale.

L'approche basée sur le poids de Genève

La réforme 2025 de Genève introduit une taxation basée sur le poids pour les véhicules électriques, reconnaissant que si les VE sont zéro émission à l'échappement, leur masse souvent substantielle contribue à la dégradation des infrastructures. Cette approche fournit un modèle potentiel pour la politique fédérale.

Impacts économiques et sociaux plus larges

Les changements de politique fédérale ont plusieurs implications importantes pour l'écosystème de mobilité suisse :

  • Maturité du marché VE : La suppression des exemptions fiscales d'importation signale que les véhicules électriques ne sont plus considérés comme des produits "spéciaux" nécessitant des incitations extraordinaires.
  • Redistribution des recettes : Les nouveaux mécanismes de tarification de la mobilité incluront probablement des considérations d'équité, assurant que les conducteurs à faible revenu ne soient pas disproportionnellement affectés.
  • Dynamiques transfrontalières : Les changements dans la politique fédérale suisse peuvent influencer les approches des pays voisins en matière de fiscalité des VE et de tarification de la mobilité.
  • Investissements d'infrastructure : La transition vers la tarification de la mobilité nécessitera des investissements significatifs dans les systèmes de surveillance numérique et l'infrastructure administrative.

La voie à suivre

La Suisse se trouve à un carrefour de sa stratégie de financement de la mobilité. La fin des exemptions fiscales d'importation des VE marque le début d'une nouvelle ère où les véhicules électriques sont traités comme des biens de consommation standard. Le développement des mécanismes de tarification de la mobilité pour 2030 déterminera si la Suisse peut maintenir son infrastructure de transport de classe mondiale tout en effectuant la transition vers une mobilité durable.

Les années à venir seront cruciales alors que la Confédération équilibre le besoin de stabilité fiscale avec l'impératif de protection environnementale. La façon dont la Suisse navigue avec succès cette transition servira de modèle pour d'autres nations faisant face à des défis similaires dans leurs systèmes de financement de la mobilité.